![]() |
“Le Premier ministre n’a pas dit un mot au cours de notre bref hommage, bien sûr que non. Je crois qu’il n’a même pas levé les yeux vers nous. La joute défense-attaque de la période de questions s’étant a peine terminée, il brassait ses papiers. Du regard j’ai essayé de le faire venir plus près de moi.
Qui est cet homme? Qu’est-ce qui le mobilise? Il ne fait aucun doute qu’il est occupé. Aucun doute que cette activité débordante est porteuse pour lui de grandes illusions. Aucun doute que d’être Premier ministre accapare toute son attention et mousse à son comble son sens de l’importance de son activité. Aucun doute qu’il a l’air et qu’il gouverne comme quelqu’un qui se préoccupe peu ou prou des arts. Mais il doit bien avoir des moments de quiétude. Alors voici ce que je propose: non pas de l’instruire—ce serait arrogant—mais moins que ça, de faire des suggestions à sa quiétude. Tant que Stephen Harper sera Premier ministre du Canada, je promets de lui envoyer par la poste, un lundi matin tous les quinze jours, un livre réputé faire épanouir la quiétude. Ce livre sera dédicacé et accompagné d’une lettre que j’aurai écrite. Je ferai fidèlement rapport, sur le site www.quelitstephenharper.ca, de chacun des livres, de chaque dédicace, de chaque lettre, et de toute réponse que je pourrais recevoir du Premier ministre.” Yann Martel |
